Pierre COMBET-DESCOMBES (1885-1966)
Pierre COMBET-DESCOMBES (1885-1966)
Femme androgyne, 1919
Monotype sur papier
Signé et daté « 1919 » dans la marge inférieure gauche
25 x 23 cm
cadre 43 × 37 cm
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Androdyn woman, 1919
Monotype on paper
Signed and dated “1919” lower left
25 x 23 cm
frame 43 × 37 cm
Artiste lyonnais né en 1885, Pierre Combet-Descombes reçoit une brève formation à l’École des Beaux-Arts de Lyon qu’il intègre en 1902. Il se détourne rapidement de l’enseignement officiel et présente ses premières œuvres au Salon en 1905. Figure de l’avant-garde artistique lyonnaise, il compte parmi les fondateurs du collectif Les Ziniars : ignares autoproclamés réfutant l’enseignement académique. Ceux-ci exercent une réelle influence sur la vie artistique de l’entre-deux-guerres et participent à l’éclosion de l’art moderne à Lyon. Jugeant le Salon d’Automne trop timoré, ils créent le Salon du Sud-Est en 1925.
Chantre de la modernité, l’artiste s’avère toutefois peu enclin à abandonner la figuration. Se nourrissant de la réalité, son œuvre aborde différents thèmes au sein desquels le corps de la femme prédomine. Le nu féminin livré à tous les excès hante son œuvre. Il lui attribue des fonctions allégoriques, oscillant “de la célébration de la Vierge au lys à l’écartèlement de la fille de joie”*. Il stylise et pervertit le corps de ses modèles saisi dans des poses suggestives voireérotiques
La monotypie est un procédé de création intermédiaire entre le dessin et l’estampe inventé au milieu du XVIIe siècle par Giovanni Benedetto Castiglione. Il consiste à dessiner à l’encre grasse ou à la peinture sur un support lisse non poreux tel que du verre ou du métal. L’image se reporte ensuite par pression sur une feuille de papier. L’artiste crée ainsi une œuvre unique qu’il peut ensuite réhausser. Cette technique permet d’obtenir des effets de transparence et de textures variés. Elle a été popularisée à la fin du XIXe siècle, notamment par la pratique d’Edgar Degas.
Génie du monotype, Pierre Combet-Descombes garde ses œuvres à l'abri des regards dans son atelier-laboratoire qui s’enflamme par deux fois. Par leur qualité, leur mystère et leur grande force expressive, les monotypes de l’artiste occupent une place de choix dans son œuvre. Il développe un langage plastique puissant en accédant à de prodigieux effets de noir et blanc. Les noirs sont profonds et les blancs, obtenus en écumant l’encre sur la plaque et non pas en épargnant le fond de la feuille, sont éclatants. L’artiste multiplie les séries auxquelles il donne des titres tels que “Chevelures” ou “Visages entrevus” formant des variations autour d’une même recherche plastique. Le monotype que nous présentons peut être rapproché de portraits de femmes androgynes réalisés entre 1915 et 1920.
*Jean-Jacques Lerrant, Hommage à Pierre Combet-Descombes, Cinquantième anniversaire de la mort du fondateur du Salon du Sud-Est, 2016.
ill.1 Pierre Combet-Descombes, Femme aux cheveux longs, 1920, monotype, coll. part.
Collections publiques
Paris, Musée National d’art moderne - Centre Pompidou
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini
Principales expositions
Pierre Combet-Descombes, Lyon, Musée des Beaux-Arts, 1985
Pierre Combet-Descombes (1885-1966), la réalité sublimée, Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini, 2004-2005
Bibliographie choisie
Dominique Brachlianoff (sous la dir. de), Pierre Combet-Descombes, Lyon, Musée des Beaux-Arts, 1985
Collectif, Pierre Combet-Descombes (1885-1966), la réalité sublimée, cat. expo., Paris, Artlys, 2004, Villefranche-sur-Saône, Musée Paul Dini
Born in Lyon in 1885, Pierre Combet - Descombes received a brief training at the École des Beaux-Arts de Lyon, which he joined in 1902. He quickly turned away from official teaching and presented his first works at the Salon in 1905.
Pierre Combet-Descombes, a figure of the artistic avant- garde in Lyon, was one of the founders of the collective Les Ziniars : self-proclaimed ignares refuting academic teaching. They exerted a real influence on the artistic life of the inter-war period and participated in the blossoming of modern art in Lyon. Judging the Salon d'Automne to be too timid, they created the Salon du Sud-Est in 1925 where they compared their work with that of artists active on the Parisian scene such as Henri Matisse or Paul Signac.
However, Pierre Combet- Descombes, the singer of modernity, proved reluctant to abandon figurative art. Drawing on reality, his work
deals with various themes in which the female body predominates. The feminine nude, given over to all excesses, haunts his work from his youth (the period to which our leaf belongs) before the artist's mind calms down.
He celebrates the female nude in all his work (paintings, wall decorations, illustrations) by attributing allegorical functions to it, oscillating "from the celebration of the Virgin with the lily to the dismemberment of the girl of joy"*. He carries out an expressionist work by distorting reality in such a way as to provoke an emotional reaction in the viewer.
He stylizes and perverts the bodies of his models in suggestive and even erotic poses.
* Cette oeuvre est vendue en l’état, sa nature de bien d’occasion emporte l’acceptation de l’acheteur quant à la possibilité qu’elle puisse comporter des marques d’usage, d’usure, de fragilité, d’ancienneté ou de restauration dues au passage du temps.