Désiré-François LAUGÉE (1823-1896)
Désiré-François LAUGÉE (1823-1896)
Femme de profil gauche, circa 1883
Étude préparatoire à la figure de droite du tableau Le Pèlerin conservé au Petit Palais, Musée des beaux-arts de la ville de Paris ; figure que l’on retrouve également dans un portrait intitulé Dolor (coll. part.)
Trois crayons sur papier collé sur carton
Signé en bas à droite
28 × 22,5 cm
cadre en chêne laqué noir 40 × 30 cm
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Woman in left profile, circa 1883
Preparatory study for Le Pèlerin held at the Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris ; this figure also appears in a portrait entitled Dolor (private collection).
Three pencils on paper on cardboard
Signed lower right
28 × 22.5 cm
frame 40 × 30 cm
Né en Normandie en 1823, Désiré-François Laugée manifeste très tôt un intérêt pour le dessin. Il reçoit une première formation classique à l’école de dessin fondée par Maurice Quentin de La Tour à Saint-Quentin dans l’atelier de Louis Lemasle (1788-1876). Il intègre ensuite l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier de François-Édouard Picot (1786-1868), élève de Jacques-Louis David. À partir de 1845, il expose régulièrement au Salon. Proche d’Alexandre Dumas et de Victor Hugo dont il peint plusieurs portraits, l’artiste se passionne également pour la poésie.
Remarqué au Salon, Désiré Laugée reçoit de nombreuses commandes privées de portraits ainsi que des commandes publiques pour la réalisation de grands décors profanes (Rouen, palais de justice) et religieux (Paris, église Sainte-Clotilde ; Paris, église de la Trinité). Outre les sujets historiques, l’artiste s’épanouit dans la peinture de genre (La Récolte des œillettes lui vaut une médaille de Première classe en 1861). La paysannerie et les scènes de la vie rurale picarde comptent parmi ses sujets de prédilection qu’il traite dans une veine naturaliste. Il se lie d’amitié avec Jules Breton (1827-1906) qui influencera son fils, le peintre Georges Laugée (1853-1937).
Le dessin que nous présentons est préparatoire à la figure féminine du tableau intitulé Le Pèlerin conservé au musée du Petit Palais à Paris (ill.1). Ce tableau a été exposé au Salon de 1884. Il représente un couple d’humbles pèlerins et leur fils dans un intérieur sombre éclairé par trois bougies dans un subtile jeu de clair-obscur. La même figure féminine est reprise dans un portrait intitulé Dolor daté de 1883 (ill.2). L’expression de peine et de désolation de la jeune femme est retranscrite avec habileté dans notre dessin qui témoigne de la virtuosité de l’artiste dans l’emploi de la technique des trois crayons. L’intensité du regard est particulièrement accentuée.
ill.1 Désiré Laugée, Les Pèlerins, 1884, huile sur toile, Paris, Petit Palais, inv. PDUT1463 ; ill.2 Désiré Laugée, Dolor, huile sur toile, collection particulière.
Collections publiques
Paris, musée d’Orsay
Paris, Petit Palais, musée des beaux-arts de la ville
Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer
Born in Normandy in 1823, Désiré-François Laugée showed an interest in drawing from an early age. He received his initial classical training at the drawing school founded by Maurice Quentin de La Tour in Saint-Quentin, in the studio of Louis Lemasle (1788–1876). He then enrolled at the École des Beaux-Arts in Paris in the studio of François-Édouard Picot (1786–1868), a student of Jacques-Louis David. Beginning in 1845, he exhibited regularly at the Salon. Close friends with Alexandre Dumas and Victor Hugo, of whom he painted several portraits, the artist was also passionate about poetry.
Noticed at the Salon, Désiré Laugée received numerous private commissions for portraits as well as public commissions for large secular (Rouen, courthouse) and religious (Paris, Sainte-Clotilde Church; Paris, Trinity Church) decorative works. In addition to historical subjects, the artist excelled in genre painting (La Récolte des œillettes earned him a First Class Medal in 1861). Peasantry and scenes of rural life in Picardy were among his favorite subjects, which he treated in a naturalistic style. He became friends with Jules Breton (1827–1906), who would influence his son, the painter Georges Laugée (1853–1937).
The drawing we present here is a preparatory sketch for the female figure in the painting titled *The Pilgrim*, housed at the Musée du Petit Palais in Paris (ill. 1). This painting was exhibited at the 1884 Salon. It depicts a couple of humble pilgrims and their son in a dimly lit interior illuminated by three candles, creating a subtle interplay of light and shadow. The same female figure appears in a portrait titled Dolor, dated 1883 (ill. 2). The young woman’s expression of sorrow and desolation is skillfully rendered in our drawing, which attests to the artist’s virtuosity in the use of the three-pencil technique. The intensity of her gaze is particularly emphasized.